L’Union européenne après les élections du 26 mai : quels enseignements, quelles perspectives?

Notre dîner-débat du 12 juin 2019 a porté sur le thème :

« L‘Union européenne après les élections du 26 mai :

quels enseignements, quelles perspectives?»

 

Quels enseignements tirer des élections européennes du 26 mai 2019 ? Quelles perspectives offrent-elles ?

Telles étaient les deux questions posées initialement à Yves Bertoncini, invité du club Démocraties ce 12 juin 2019.

Dans son propos d’accueil, Paul Quilès, Président du club après avoir souligné le caractère très actuel et essentiel du sujet, a insisté sur le besoin de clarification, de pédagogie partagée sur la notion même d’Europe et des institutions qui la structurent. Il a montré ensuite combien Yves Bertoncini, en sa double qualité de Président du Mouvement européen-France, Vice-Président du Mouvement Européen International et d’éminent spécialiste des questions européennes était l’orateur dont les membres du club présents avaient besoin pour les éclairer sur des sujets parfois considérés comme complexes.

Yves Bertoncini a centré la première partie de son propos sur l’analyse des résultats du scrutin tant au niveau national qu’au niveau européen.

Les tendances communes sont significatives : un fort taux de participation, le faible résultat des formations contestant la pertinence de l’échelon européen, la montée des Verts, le cantonnement de l’extrême droite malgré l’utilisation des thèmes migratoires, l’affaiblissement des deux formations jusqu’ici dominantes (PPE et sociaux-démocrates)

Il en résulte la possibilité de voir émerger une « grande coalition » impliquant libéraux démocrates et Verts suivant des modalités qui restent à définir, « le paquebot Europe pouvant changer de cap, mais avec la lenteur qui est propre à ce type d’embarcation ».

Dans ce contexte, la France dispose de peu d’atouts, l’influence de LRM au sein d’un groupe libéral démocrate étant problématique et plus généralement les 75% de nouveaux députés ayant beaucoup à apprendre.

Beaucoup dépendra des grandes manœuvres en cours sur la répartition des postes clés.

Concernant les perspectives de fond, le seul document de référence à ce stade est constitué par les recommandations de la Commission Européenne, organisées autour de 5 enjeux : la sécurité collective ; la recherche ; la justice sociale ; le développement durable ; l’Europe dans le monde. D’une manière ou d’une autre, ces 5 thèmes devraient constituer l’épine dorsale de l’Europe au cours des 5 années à venir. Yves Bertoncini a par ailleurs insisté sur le fait que beaucoup de progrès pouvaient être réalisés dans le cadre des traités actuels.

Le très riche débat qui a suivi l’intervention d’Yves Bertoncini ne peut être résumé utilement dans ce format de compte rendu. Voici les thèmes principaux qui ont été évoqués : les menaces extérieures qui s’exercent sur l’Europe ; l’insuffisant partage des valeurs communes et la question de l’identité commune ; les lourdeurs de fonctionnement et les simplifications possibles ; les coopérations renforcées ; le Brexit (comment passer d’un contrat de mariage à un contrat de PACS ?) ; la tentation de la petite Europe ; l’appréciation de l’Allemagne et de son rôle.

Dans sa conclusion Paul Quilès a repris en la développant l’image proposée par Yves Bertoncini assimilant l’Europe à une copropriété, dont l’assemblée générale doit -suivant des règles de majorité adaptées à l’importance des engagements- prendre les décisions relatives aux sujets d’intérêt commun, souvent relatives à des travaux et générateurs de charges pour chacun des copropriétaires. Les décisions communes n’exemptent bien entendu pas les copropriétaires d’assumer, sur la base de leur décision individuelle, les frais d’entretien de leur propre lot. Ainsi en va-t-il des Etats-membres de l’Union sur la base du principe de subsidiarité. Cette métaphore est probablement de nature à mieux faire comprendre le fonctionnement des institutions européennes.

Yves Bertoncini,

Président du Mouvement Européen-France et Vice-Président du Mouvement Européen – International.

Il enseigne les questions européennes au Corps des Mines/Mines ParisTech (depuis 2007), au Collège d’Europe à Bruges (depuis 2016), à Sciences Po Paris (2001-11 et depuis 2018) et à l’École nationale d’administration (2007-09).

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, articles et policy papers sur les enjeux européens, et plus particulièrement les enjeux politiques, institutionnels et civiques.

Yves Bertoncini a été directeur de l’Institut Jacques Delors (Notre Europe) entre 2011 et 2017. Il a travaillé dans les services du Premier Ministre français en tant que chargé de mission Europe au Centre d’analyse stratégique/France Stratégie (2006-09) et comme Conseiller auprès du Secrétaire général des Affaires européennes (2010-11). Il a également travaillé pour le Ministère français des Affaires étrangères et européennes, pour l’organisation du « dialogue national pour l’Europe » (1995-97) et à l’ambassade de France à Alger (1992-93).

Il est administrateur de la Commission européenne (en congé pour convenance personnelle), où il a travaillé au sein des Directions générales « Éducation, Formation, Jeunesse » et « Politique Régionale ». Il a été responsable des Affaires internationales de la Fédération Française de l’Assurance (2002-2005) et directeur de la stratégie et des études au Conseil de coopération économique (2005-2006).

Yves Bertoncini est diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble et du Collège d’Europe à Bruges et a également étudié à l’IEP Paris et à l’Université de Californie à Berkeley.

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