Editorial de Paul Quilès

C’est la rentrée !

Apres 18 mois de fonctionnement atypique, nous allons enfin pouvoir reprendre nos activités sous une forme presque normale-presque, parce qu’il nous faudra bien entendu respecter les protocoles sanitaires.

Les centres d’intérêt sont multiples :

Il y aura bien sûr une réflexion à mener sur les conséquences sur le fonctionnement des institutions démocratiques d’une situation d’exception qui s’est prolongée dans le temps : restrictions apportées à certaines libertés publiques ; recours étendu aux ordonnances ; réduction du rôle du parlement en matière législative mais aussi de contrôle, un certain transfert s’opérant vers le pouvoir judiciaire.

Faut-il établir un lien entre ce vécu et le fait qu’un tiers de nos concitoyens pensent que d’autres systèmes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie, selon l’enquête réalisée par IPSOS pour le Monde dont les résultats viennent d’être publiés ? Il nous faudra le moment venu approfondir ces sujets.

Cette rentrée c’est aussi le lancement des précampagnes présidentielles qui vont animer les mois qui viennent ! Elles ne vont pas manquer d’alimenter les médias, plutôt sur le mode du concert de petites phrases que des débats de fond. On va voir à coup sûr fleurir les fausses nouvelles et les tentatives d’intoxications, sur lesquelles notre club s’est souvent penché.

Vont aussi se multiplier les sondages, plus ou moins représentatifs, aux questions parfois biaisées, alimentant des présentations ou des commentaires souvent eux-mêmes chargés de subjectivité. Permettez-moi sur ce point de me citer moi-même en reprenant un texte que j’ai récemment écrit :

« Lorsqu’il s’agit de « prévoir » le résultat d’une élection 3 mois, 6 mois, 1 an avant la date du scrutin, on tombe véritablement dans le domaine de la pensée magique. Sans être un grand politologue, on sait en effet qu’un sondage réalisé aussi loin de l’échéance ne peut intégrer plusieurs facteurs déterminants, notamment :

– les conséquences de la campagne électorale proprement dite, qui fait bouger les lignes ;

– le handicap de celui qui est en tête longtemps à l’avance et qui devient au fil du temps l’objet de toutes les critiques…y compris du monde médiatique, qui résiste rarement à la tentation de brûler ce qu’il a porté au pinacle ;

– le changement d’attitude de certains électeurs du camp adverse, favorables par effet de mode à un candidat dans les sondages…mais qui retrouvent leur camp quand l’affrontement se radicalise.

Il n’empêche, on a beau le répéter, rien n’y fait. Presque tous les commentateurs, les partis et les responsables politiques, les candidats potentiels eux-mêmes ont les yeux rivés sur ces indicateurs, qui ne veulent pourtant pas dire grand-chose. »

Et puis il y a l’actualité internationale : le retour des Etats Unis à la sagesse démocratique, la situation en Afghanistan, les régimes autoritaires qui s’affichent en modèle, l’Union Européenne et ses faiblesses…

Nous allons rapidement vous proposer un programme de reprise de nos activités, Conseil d’administration, Assemblée générale et diners débat sous forme présentielle puisque le Cercle des Universitaires nous ouvre à nouveau ses portes.

Amitiés à toutes et tous

Paul Quilès